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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 13:47

 

Le masque de Frédéric DUMAS qu’il avait baptisé « le Pneu-Goggle ». Pneu Goggle Blg

Ne connaissant pas la parfaite définition du mot Goggle et son adaptation sur le masque de Frédéric DUMAS, j’ai préféré m’adresser, à mon ami, Pierre Yves Le Bigot dit PYLB. Rappelons qu’il fut un membre fondateur incontournable du musée Frédéric DUMAS qui lors de sa naissance possédait une collection fort modeste. PYLB nous offrit la sienne, très abondante qui assura avec succès nos présentations pendant plusieurs années.

Il assura ensuite la Présidence du musée lors d’une époque où y furent réalisée les plus importantes manifestations.

J’ajoute qu’il est toujours l’un des rares historiens français sérieux dans le domaine de la Plongée sous marine.

Il est donc l’auteur le plus justifié de ce chapitre et des lignes qui vont suivre.


 

Le « Pneu Goggle » de Frédéric DUMAS.

Seul Frédéric à ma connaissance utilisait cette expression.

Avant lui les chasseurs de la Côte d’Azur utilisaient sous des lunettes (dites polynésiennes si elles étaient « artisanales » ou dîtes Fernez du nom de leur fabricant), soit des « mono-goggle » (j’ai omis le S du pluriel à dessein – au singulier on dit Mono-goggle).

Les premiers mono-goggles utilisés en plongée étaient de vrais masques de protection des yeux et uniquement des yeux. Le nez étant laissé sans protection au contact de l’eau.

Le mono-goggle était constitué d’une vitre frontale, d’une pièce rigide (généralement en bois) destinée à emprisonner un certain volume d’air, et d’un joint réalisant l’étanchéité entre le visage et le volume d’air. Le mono-goggle était maintenu en place sur le visage grâce à une ou plusieurs sangles.

Le problème majeur de ce type de masque était l’impossibilité de compenser l’écrasement de l’air lors des immersions du plongeur. Ostensiblement, la pression ambiante augmentant avec la profondeur, le volume d’air contenu dans le masque tend à se comprimer. Les deux effets combinés aboutissant à plaquer de façon douloureuse le masque sur le visage. Le mono-goggle étant principalement réalisé en matériaux rigides (bois, verre) il ne se déformait pas et poinçonnait littéralement le visage de celui qui le portait.

Pour palier ce problème des plongeurs astucieux et dotés d’un manque complet du sens du ridicule, adjoignirent une ou deux poires à lavement en caoutchouc au monogoggle. La partie en bois était percée de part en part (un orifice aboutissait dans le volume intérieur du masque, l’autre aboutissait dans la poire à lavement). Sous l’effet de la pression, l’air contenu dans la poire était comprimé maintenant l’air contenu à l’intérieur du masque à la même pression que celle régnant à l’extérieur du masque. Le plongeur ne subissant plus le désagrément du poinçonnage et accessoirement pouvait accéder à des profondeurs plus importantes.

Un peu avant la seconde guerre mondiale apparurent des mono-goggles non plus en bois mais en caoutchouc. Parallèlement un niçois, Maxime Forjot, eu l’idée de placer le nez dans le mono-goggle et de supprimer les poires de compensation. Ainsi naquit « l’œil marin ». Régulièrement breveté, l’œil marin ne fit MasqDumas Blgnéanmoins pas la fortune de son inventeur. En effet dans la définition de son invention l’inventeur avait mentionné comme partie intégrante de son masque, un tube respiratoire articulé passant en plein milieu de la vitre frontale. Funeste erreur ! D’autres (dont un certain DUBOIS à Sanary-sur-mer) déposèrent des brevets de masques en tout point identiques à celui de Maxime Forjot exception faite du tube respiratoire. Le masque de plongée moderne était né….

Frédéric DUMAS a commencé à chasser avec un Mono-goggle, mais il était bridé dans ses incursions par les inconvénients précédemment décrits. Didi devait être au courant de l’existence de l’œil marin car son « pneu goggle » était une déclinaison artisanale de celui-ci.

Si Forjot avait fait réaliser son masque de façon semi-industrielle (réalisation d’un moule pour la partie en caoutchouc du masque), DUMAS n’avait que le système D pour réaliser le sien. Système D qu’il maîtrisait d’ailleurs parfaitement comme ses autres réalisations (fusils sous-marins – ceintures de lest, etc.).

Il découpa un disque de verre pour réaliser le hublot central, prit une chambre à air (DUNLOP pour la petite histoire) et réalisa en une seule pièce la jupe et la sangle du masque. Il utilisa une baguette de cuivre (matériau malléable, pouvant être aisément déformé) pour réaliser à la fois la fixation de la vitre sur la chambre à air et son étanchéité. Le « pneu goggle » était à la fois d’une simplicité et d’une efficacité remarquables.

Dans l’immédiat après guerre, Didi eut rapidement accès aux masques SQUALE vendus par la société éponyme sise à Sanary, ville où lui et COUSTEAU résidaient et délaissa son, pneu goggle.

Frédéric porte le « pneu goggle » à la fois dans « par dix-huit mètres de fond » et dans « Épaves » les deux premiers films sous-marins réalisés par le Commandant COUSTEAU.


 

Pierre Yves Le Bigot

 

 

 

 

 

 

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Published by lettre-musee-dumas.over-blog.com - dans Histoire des pièces des collections
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commentaires

jluc 14/06/2010 17:14


des inventeurs de génie !
et à une époque où on n'avait pas tout sous la main pour "bricoler".

excellent article .
merci
jluc

le lien de la lettre du musée est déjà sur mon blog, en bonne place.
a bientot


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  • Cette Lettre du Musée Frédéric DUMAS prend la suite de celle éditée, la première fois, imprimée, en 1995.
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