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6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 13:51

Les Lingots d’Orichalque de Frédéric DUMAS.

Pendant des années, je sillonne les fonds marins entourant les Embiez, le Rouveau et les Magnons, jusqu’à la balise située à l’extrême-ouest. J’y fais de nombreuses découvertes, que je déclare auprès de Mr Sercio, garde maritime à Bandol, conformément à la loi sur les épaves. Et j’obtiens, chaque année, des autorisations  temporaires de prospections sous-marines du Ministère de la culture représenté en l’occurrence par le DRASM à Marseille. C'est-à-dire le Département des Recherches Archéologiques sous marines.

En 1995, Melle Hélène Bernard Ingénieur d’études au sein de cet organisme vient plonger sur un site de tessons sur les récifs des Magnons. Elle me fait savoir que proche de la Balise, un gisement de lingots de plombs et de tiges d’orichalque avait été découvert par Frédéric DUMAS, en 1962. Mais que l’on en avait perdu la trace.orc 1

Ce grand pionnier en avait fait état dans l’un de ses livres « 30 Siècles sous la mer ».

Melle Bernard me demande si, incidemment, je peux reprendre ces recherches.

Je connaissais bien Frédéric DUMAS, alors qu’en 1954/1957, plongeur au GERS, dont il faisait partie, j’effectuai mes devoirs militaires. J’ai souvent été à ses côtés lors de plongées et de missions diverses.

N’oublions pas aussi, qu’il fut l’un des pionniers de l’archéologie subaquatique moderne.

Et, me parler de l’Orichalque, décrit par Platon dans le Critias au sujet de l’Atlantide comme « le métal le plus précieux après l’or… » Il y a de quoi motiver un plongeur.

Je fais état de cette demande auprès de mon ami Pierre Yves LE BIGOT, dit PYLB, président du Musée Frédéric DUMAS, qui lui aussi l’avait bien connu. Il détient d’ailleurs quelques copies de ses documents.orc 2

Alors, cherchant dans ses archives, Pierre-Yves retrouve et me remet la copie d’un plan que Frédéric DUMAS avait dessiné lors de la découverte de ces lingots.

Il ne me reste plus qu’à reprendre sur cette zone mes plongées de prospection, doutant cependant du résultat, tellement les sites archéologiques voisins avaient été pillés.orc 3

Pendant les mois d’avril et mai, nous nous rendons, avec PYLB, à plusieurs reprises sur le point indiqué. Mais mauvais temps, houle, faible visibilité, ne nous permettent pas de retrouver le gisement.orc 4

Cependant, le samedi 1er juin 1996, j’embarque sur le « Manon » catamaran du club de plongée Ghost-Sea au Brusc. Ce club appartient à mon ami Didier Burnier (dit Didou) lui-même prospecteur qui a, à son palmarès, la découverte de l’épave de Verres.

Par très beau temps, mer calme et peu de courant, ce qui est rare à cet endroit, il me largue au nord de la balise des Magnons, dans une eau cristalline.orc 5

Au bout de dix minutes de plongée par – 12 mètres de fond, je tombe sur le gisement à l’endroit précis indiqué par DUMAS. Quand je dis gisement, j’extrapole, car, en fait, les différents pilleurs passés avant moi m’ont seulement laissé un lingot de plomb et une tige d’orichalque.

Mais je m’estime satisfait avec ces deux exemplaires. Faisant une exploration circulaire autour de ces pièces, je ne trouve rien de plus significatif.

Vu le risque encouru par la possibilité d’un dernier prélèvement illicite, je remonte le lingot de plomb et la tige d’Orichalque.orc 6

Je remets ces deux pièces à Didier Martina Fieschi, archéologue patenté, responsable du service du Patrimoine en Mairie de Sanary. Elles seront transmises au DRASM, par la suite.

En fait, et tel que le décrit  DUMAS dans son livre. Il s’agit de lingots de plombs « grossiers, de formes mal définis semblants coulés dans une cavité creusée à même le sol… avec des inscriptions courtes en grandes lettres où signes… des triangles, des ronds, des potences... » Plus loin il cite « …s’agit-il d’une de ces langues préhelléniques des peuples de la mer ».

Les archéologues du DRASM parleront du grec archaïque.orc 7

Quant aux lingots d’orichalque, il s’agit d’une petite barre ressemblant à du cuivre. Frédéric DUMAS fera procéder à des analyses « soixante-dix pour cent de zinc, vingt et un de cuivre, pas de plomb, nickel ou étain… composition donnée dans le grand Larousse pour le laiton antique… » Et il termine « certains pensent que le mystérieux orichalque n’était autre que ce laiton… »

Je n’ai pas découvert un navire Atlante en baie de Sanary, mais il est toujours permis de rêver…

 

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  • Cette Lettre du Musée Frédéric DUMAS prend la suite de celle éditée, la première fois, imprimée, en 1995.
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