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16 juillet 2010 5 16 /07 /juillet /2010 17:32

 

L'inventaire du Musée.

Didier George qui a été le Président de remise en état de notre association en 2009 avait inscrit à son programme la recherche et l'inventaire des pièces de nos collections.

Daniel Alsters, notre président actuel, élu en janvier de cette année, avait décidé et promit s'il était élu à ce poste, que son premier travail serait la mise en application du dit programme.

Ce qui n'est pas une petite affaire. Mais à ce jour, il y travaille encore apercevant bientôt la fin de la première tranche, c'est à dire la place dans l'inventaire, la photographie, la référence, l'origine de chaque pièce retrouvée. Pour la seconde tranche, il est prévu la reprise du contact avec les donateurs ou les prêteurs. Vaste programme là encore.

Nous allons prendre un exemple parmi tant d'autres :

Des palmes Douglas.

Il s'agit, ci dessous, d'une très belle paire de ces palmes datant au moins des années 50.

Elles font partie du matériel inventé, créé, mis au point par Maxime Forjot, un pionnier niçois des années 30.

palmes douglas ( Photographie Bernard Laire)

Ce visionaire de talent est le créateur de l'un des premiers masque de plongée « l'œil marin. »

Il a mis au point aussi des fusils de chasse sous marine dont le plus célèbre le Douglas.

Pourquoi ce nom américain ? Je n'en connais pas vraiment l'origine, mais je suppose que ce terme lui donnait une aura commerciale non négligeable. Car rappelons nous, pour ceux qui l'ont vécu dont je suis, dans la seconde partie des années 40 tout ce qui venait d'outre atlantique faisait figure de nouveauté, de progrès, de modernisme. Disons que les américains, nous les avons attendus quatre ans, alors quand ils sont arrivés, rien n'était trop beau venant des USA.fusil douglas

Le fusil joint c'est un Douglas Junior construit à Nice.

Les années passent, l'oubli s'installe mais comme dit un chanteur célèbre "Si les ricains n'étaient pas v'nus..."

Et ces palmes Douglas ne pouvaient que ravir l'œil des découvreurs du monde sous marin que nous étions. Une belle couleur vert d'eau, une forme en pattes de grenouilles, une sangle de réglage. Tant et si bien que la Marine Nationale en a certainement passé un marché, car ce sont elles qui me furent donné en dotation lors de mon arrivée comme plongeur au GERS, en...1954 !

Personnellement, plongeur professionnel avant mon incorporation, je ne connaissais que les palmes triangulaires bleues de marque Champion, que l'on voit ci dessous. Les Douglas, ces pattes de grenouilles, sous une allure se voulant séduisantes, n'étaient pas d'un rendement correspondant à nos besoins. Elles restèrent donc dans mon sac de plongée et furent remplacées par mes Ondines Cressi beaucoup plus performantes.

palmes championIl n'en reste pas moins qu'il s'agit là d'une pièce de collection historiquement intéressante.

Elles nous ont été offertes en don par mr Thierry Krottof. Lui même les avais acquise en 1954 à Juan les Pins. En les retrouvant dans ses souvenirs de jeunesse, il a pensé, fort justement, que leur place était toute désignée dans un musée, le nôtre en l'occurrence. Merci Mr Krottof, vous venez de rejoindre tous ceux qui, comme vous, permettent aux jeunes plongeurs d'apprendre quel fut notre lot dans ces années des débuts de la plongée sous marine.

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 13:47

 

Le masque de Frédéric DUMAS qu’il avait baptisé « le Pneu-Goggle ». Pneu Goggle Blg

Ne connaissant pas la parfaite définition du mot Goggle et son adaptation sur le masque de Frédéric DUMAS, j’ai préféré m’adresser, à mon ami, Pierre Yves Le Bigot dit PYLB. Rappelons qu’il fut un membre fondateur incontournable du musée Frédéric DUMAS qui lors de sa naissance possédait une collection fort modeste. PYLB nous offrit la sienne, très abondante qui assura avec succès nos présentations pendant plusieurs années.

Il assura ensuite la Présidence du musée lors d’une époque où y furent réalisée les plus importantes manifestations.

J’ajoute qu’il est toujours l’un des rares historiens français sérieux dans le domaine de la Plongée sous marine.

Il est donc l’auteur le plus justifié de ce chapitre et des lignes qui vont suivre.


 

Le « Pneu Goggle » de Frédéric DUMAS.

Seul Frédéric à ma connaissance utilisait cette expression.

Avant lui les chasseurs de la Côte d’Azur utilisaient sous des lunettes (dites polynésiennes si elles étaient « artisanales » ou dîtes Fernez du nom de leur fabricant), soit des « mono-goggle » (j’ai omis le S du pluriel à dessein – au singulier on dit Mono-goggle).

Les premiers mono-goggles utilisés en plongée étaient de vrais masques de protection des yeux et uniquement des yeux. Le nez étant laissé sans protection au contact de l’eau.

Le mono-goggle était constitué d’une vitre frontale, d’une pièce rigide (généralement en bois) destinée à emprisonner un certain volume d’air, et d’un joint réalisant l’étanchéité entre le visage et le volume d’air. Le mono-goggle était maintenu en place sur le visage grâce à une ou plusieurs sangles.

Le problème majeur de ce type de masque était l’impossibilité de compenser l’écrasement de l’air lors des immersions du plongeur. Ostensiblement, la pression ambiante augmentant avec la profondeur, le volume d’air contenu dans le masque tend à se comprimer. Les deux effets combinés aboutissant à plaquer de façon douloureuse le masque sur le visage. Le mono-goggle étant principalement réalisé en matériaux rigides (bois, verre) il ne se déformait pas et poinçonnait littéralement le visage de celui qui le portait.

Pour palier ce problème des plongeurs astucieux et dotés d’un manque complet du sens du ridicule, adjoignirent une ou deux poires à lavement en caoutchouc au monogoggle. La partie en bois était percée de part en part (un orifice aboutissait dans le volume intérieur du masque, l’autre aboutissait dans la poire à lavement). Sous l’effet de la pression, l’air contenu dans la poire était comprimé maintenant l’air contenu à l’intérieur du masque à la même pression que celle régnant à l’extérieur du masque. Le plongeur ne subissant plus le désagrément du poinçonnage et accessoirement pouvait accéder à des profondeurs plus importantes.

Un peu avant la seconde guerre mondiale apparurent des mono-goggles non plus en bois mais en caoutchouc. Parallèlement un niçois, Maxime Forjot, eu l’idée de placer le nez dans le mono-goggle et de supprimer les poires de compensation. Ainsi naquit « l’œil marin ». Régulièrement breveté, l’œil marin ne fit MasqDumas Blgnéanmoins pas la fortune de son inventeur. En effet dans la définition de son invention l’inventeur avait mentionné comme partie intégrante de son masque, un tube respiratoire articulé passant en plein milieu de la vitre frontale. Funeste erreur ! D’autres (dont un certain DUBOIS à Sanary-sur-mer) déposèrent des brevets de masques en tout point identiques à celui de Maxime Forjot exception faite du tube respiratoire. Le masque de plongée moderne était né….

Frédéric DUMAS a commencé à chasser avec un Mono-goggle, mais il était bridé dans ses incursions par les inconvénients précédemment décrits. Didi devait être au courant de l’existence de l’œil marin car son « pneu goggle » était une déclinaison artisanale de celui-ci.

Si Forjot avait fait réaliser son masque de façon semi-industrielle (réalisation d’un moule pour la partie en caoutchouc du masque), DUMAS n’avait que le système D pour réaliser le sien. Système D qu’il maîtrisait d’ailleurs parfaitement comme ses autres réalisations (fusils sous-marins – ceintures de lest, etc.).

Il découpa un disque de verre pour réaliser le hublot central, prit une chambre à air (DUNLOP pour la petite histoire) et réalisa en une seule pièce la jupe et la sangle du masque. Il utilisa une baguette de cuivre (matériau malléable, pouvant être aisément déformé) pour réaliser à la fois la fixation de la vitre sur la chambre à air et son étanchéité. Le « pneu goggle » était à la fois d’une simplicité et d’une efficacité remarquables.

Dans l’immédiat après guerre, Didi eut rapidement accès aux masques SQUALE vendus par la société éponyme sise à Sanary, ville où lui et COUSTEAU résidaient et délaissa son, pneu goggle.

Frédéric porte le « pneu goggle » à la fois dans « par dix-huit mètres de fond » et dans « Épaves » les deux premiers films sous-marins réalisés par le Commandant COUSTEAU.


 

Pierre Yves Le Bigot

 

 

 

 

 

 

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  • Cette Lettre du Musée Frédéric DUMAS prend la suite de celle éditée, la première fois, imprimée, en 1995.
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